Rentrée de la formation Concepteur Créateur en Métier d'Art : le terrain d'abord

La nouvelle promotion de la formation Concepteur Créateur en Métier d’Art a démarré son année avec une semaine bien remplie : visites d’ateliers le 27 août, puis trois rencontres coup sur coup — la CMA le 31 août, la Fondation Banque Populaire le 1er septembre, et le témoignage de l’artiste verrière Maya Thomas le 2 septembre. De quoi mettre d’emblée les stagiaires dans le concret : comprendre le métier avant de le pratiquer, et comprendre ce que cela veut dire d’en vivre avant de se lancer.

Sur le terrain, chez les artisans d’art
Cette année, la promotion compte dix stagiaires dans des métiers d’art différents : verriers, céramistes, tapissière, vannier, ébéniste. Autant de métiers, de profils, de projets entrepreneuriaux et d’envies différents.
Ils sont entrés dans le vif du sujet en visitant les ateliers du Cerfav, mais aussi ceux des artisans d’art qui accueillent nos stagiaires cette année en tant qu’ateliers d’accueil : un petit tour à Bliiida, à Metz (les ateliers Loevenbruck, Camille Hofmann, Marie Donois Steib), puis à l’atelier 124, à Nancy (Thibault Périsse). Le tour n’est pas fini ! Il reste encore à découvrir les lieux de travail de Lucie Devoille à Obermodern-Zutzendorf et de Claudine Gambino-Cibray à Mulhouse.
C’est toujours un plaisir de voir ces professionnelles et professionnels des métiers d’art partager leurs pratiques, leur passion, mais aussi les réalités du terrain, afin d’aider nos stagiaires à construire un projet viable, du geste technique jusqu’au business plan.





Comprendre le statut avant de choisir un métier
Deux interventions ont suivi ces visites, toutes deux tournées vers une même question : comment transformer une démarche de conception d’objets en activité pérenne.
La Chambre de Métiers et de l’Artisanat Grand Est, représentée par Julie Weymuller, référente métier d’art, et Nela Jojovic, de l’antenne de Laxou, est venue rappeler ce que recouvre concrètement le statut de métier d’art — une qualification qui ne dépend pas seulement du savoir-faire, mais aussi du circuit de vente, de la tarification et de la manière dont l’objet est fabriqué. La CMA [voir le site web] a présenté son rôle d’accompagnement (immatriculation, aide à la création ou à la reprise d’entreprise, formation) ainsi que les dispositifs de valorisation existants : la distinction Maître Artisan en fin de carrière, le label Entreprise du Patrimoine Vivant, ou encore les subventions régionales pour l’achat de matériel ou la participation à des salons.
La Fondation Banque Populaire a ensuite présenté son prix « Cultivons votre talent » [voir le site web], qui soutient chaque année des porteurs de projet en artisanat d’art, en musique et auprès de personnes en situation de handicap. Loin d’une simple bourse, l’accompagnement dure trois ans et associe aide financière, mise en réseau et visibilité ; la fondation tient par exemple un stand au salon Révélations, où les lauréats peuvent exposer gratuitement. Le prix s’adresse à des porteurs de projet ayant déjà une première expérience, avant 40 ans, capable de présenter des éléments concrets sur leur activité.

Une voix du métier : Maya Thomas
Pour clore cette semaine de rentrée, l’artiste verrière Maya Thomas, fondatrice de la marque S’Glas [voir le site web], est venue au Cerfav pour échanger avec les stagiaires sur les aspects concrets de l’installation économique de son activité. Un témoignage précieux, qui a mis des mots — et une trajectoire bien réelle — sur ce que signifie devenir un ou une professionnelle des métiers d’art.
Une équipe attentive, au cœur des métiers d’art
Cette semaine de rentrée, entre ateliers, institutions et témoignages, résume bien la manière dont l’équipe pédagogique travaille : à l’écoute de ce qui préoccupe réellement les stagiaires dès leur arrivée, c’est-à-dire comment vivre de son métier d’art, quel statut choisir, quels financements existent. Le programme se construit autour de ces questions plutôt que de les laisser en suspens.
C’est aussi ce qui fait du Cerfav un acteur structurant des métiers d’art : en accompagnant chaque année une nouvelle promotion de concepteurs créateurs, l’équipe ne se contente pas de transmettre un savoir-faire technique, elle participe à la construction de véritables activités professionnelles. Et cette place se construit en dialogue et en complémentarité avec les instances qui structurent le secteur : Chambre de Métiers et de l’Artisanat, fondations, réseaux professionnels. Ce sont elles qui accompagnent l’installation économique ; c’est l’équipe du Cerfav qui prépare, tout au long de l’année, les créatrices et créateurs à s’en saisir.
La formation « Concepteur créateur en métiers d’art » est financée par la Région Grand Est et l’Union Européenne (Fond Social Européen +).