Les projets finaux des Concepteurs créateurs, promotion 34 : Léa Pierre

Retour sur la première année de formation des stagiaires « Créateur verrier », promotion 34. Leurs projets art et design.

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Nous vous avions présenté la promotion 34 des stagiaires de la formation « Concepteur créateur en métier d’art ». Ils ont développé les expérimentations techniques et de conception pour vous présenter le résultat d’un an d’exploration au cœur de leur savoir-faire. Découvrez leurs pièces finales, ici et au sein de l’exposition Agapè à la bibliothèque-médiathèque G Thirion à Laxou. [infos ici ⇲]

Léa Pierre, décoratrice sur verre et vitrailliste

Pour Léa Pierre, la création est un outil de communication et a un effet thérapeutique. Cela lui permet de « mettre en images ce [qu’elle] ne peut mettre en mots ». Elle nous avait évoqué son parcours jusqu’à devenir artiste verrière ici. ⇲

Elle aborde des thématiques sensibles, et cherche à rendre tangibles nos difficultés mentales. La matière verre permet de rendre compte de sensations désagréables. Son but est de faire acte de justice sociale : montrer ces sujets sensibles au public pour leur compréhension, leur acceptation et leur traitement.

La malléabilité du verre, avec qui elle explore une « proximité tactile », lui permet d’exprimer les plus infimes détails de ses pensées et sensations.

Projet art : « Délivrance »

Le projet de Léa Pierre prend racine dans la psychopathologie, l’étude des troubles psychiques est un sujet d’intérêt particulier pour elle. Cela lui permet, au-delà d’une connaissance de soi approfondie, de comprendre le monde qui l’entoure.

L’art brut mais aussi l’art baroque ainsi que le surréalisme sont les références incontournables dans lesquelles elle a puisé son inspiration. Elle s’est aussi attachée aux références musicales – ciselées ou classiques chez Erik Satie ou Chopin – puis brutales parmi les sous-genres du métal.

Son projet représente une sensation particulière qu’elle nomme le « déchirement de l’être ». Il s’agit d’une pulsion de déchirement de son propre visage, provoqué par une saturation d’émotions intenses et chaotiques, qui doivent « s’excréter d’une manière ou d’une autre ». Elle transmet ainsi cette intériorité agitée qu’on ne soupçonne pas toujours. Elle l’a matérialisée grâce à la technique de la pâte de verre qui permet un travail souple et minutieux du verre.

Projet design : « La légende du diable violoneux »

Léa Pierre utilise le vitrail pour raconter des histoires qui font « voyager les personnes qui observent » et conservent la mémoire d’un lieu. Utilisant le potentiel narratif de ce format, elle a créé un ensemble de vitraux qui peut être mis en valeur autant de jour que de nuit. Elle rend cela possible en alliant les techniques de la peinture sur verre et du sablage.

Elle a réalisé 3 vitraux destinés à la chapelle de Maix, qui reprennent la légende du diable violoneux : un mystérieux violoniste envoûte les pèlerins de la Maix, les entraînant dans une danse sans fin qui leur fait ignorer l’appel des vêpres. La clairière s’effondre soudain, engloutissant les danseurs et formant le lac de la Maix. Le musicien disparaît en riant : c’était le Diable.

Le vitrail est conçu pour rester visible de jour comme de nuit dans les conditions de luminosité propres à la chapelle.